demain

Force est de constater que, sécheresses et canicules, ne sont plus anecdotiques, elles font et feront partie de notre climat. Les hivers, quant à eux, ressemblent dorénavant à des hivers sans froid, des hivers comme les gens de la terre ne les aiment pas : doux et humides.

Cela interroge, bien au-delà des incertitudes propres à chaque millésime. Nous nous questionnons sur le long terme, sur ce que demain laissera aux générations futures.

Quelles évolutions, quelles directions pour nos vignobles, nos paysages d’aujourd’hui ?

En réponse à ces questionnements, nous avons poursuivi le travail engagé par Henry Pellé autour des sélections massales. Les parcelles des Blanchais, du Carroir et des Cris sont aujourd’hui encore plantées de pieds issus de ses propres sélections. Ce patrimoine végétal nous est précieux : par sa diversité, il nourrit la complexité de nos vins. Nos plantations d’aujourd’hui et de demain en sont issues, obtenues à partir des bois qui portent des rendements raisonnés et des maturités tardives, favorisant ainsi une acidité et une fraîcheur naturelle dans les jus.

Nous avons initié la plantation d’arbres et de haies pour l’ombre et la diversité qu’ils apportent. D’abord cantonnés aux contours des vignes, des arbres furent rapidement intégrés dans certains rangs ; Acacias, fèviers d’Amérique, aulnes, oliviers de Bohème, des essences peu compétitive avec la vigne dont le feuillage fin et perméable à la lumière en début de saison, prend davantage d’ampleur en juillet et en août.

Situées à une altitude relativement élevée — une véritable chance pour envisager demain — nos parcelles s’insèrent harmonieusement dans le paysage varié (bois, prairies, ruisseaux, collines) qui entoure Morogues.

L’idée d’approfondir notre relation au paysage, de nous lier de manière toujours plus profonde à notre lieu, nous plaît, nous anime. Chaque année, nous poursuivons ces projets de plantation.

L’année 2020 marque l’arrivée des moutons au domaine. De la fin des vendanges au début du printemps, le troupeau (une trentaine de bêtes) pâture dans les vignes.

La présence d’animaux constitue le début d’un tout autre type de soins, d’un regard différent de celui porté sur la plante. Cela stimule également l’émergence de cycles vertueux : le passage des enjambeurs est retardé, les amendements se font naturellement, le fumier de la bergerie est valorisé en compost, etc. 

Au quotidien, les moutons ajoutent une dimension sensible au travail.  Attirés par nos gestes pendant la taille, ils s’approchent avec curiosité. Au printemps, les naissances ponctuent la saison et ravivent, intact, notre émerveillement. L’été venu, de petites touffes de laine accrochées aux fils de palissage témoignent discrètement de leur passage.

Nous y avons pris goût. Une vingtaine d’oies a rejoint le troupeau en mai 2025.

La présence des animaux s’allie étroitement au travail biodynamique entrepris ces dernières années, soutenant les qualités de nos terroirs et renforçant leur expression.

La préparation 500 nourrit la terre, l’aère, quand la 501 renforce le feuillage et donne à la vigne un élan de vitalité.

La biodynamie confirme l’importance de la qualité du regard, de la faculté à percevoir certaines situations et à agir.

Grâce aux tisanes, aux décoctions, et à l’apport de composts produits sur la base des fumiers de l’exploitation de Monsieur Thierry Courcel, située à quelques kilomètres du domaine, nous œuvrons au plus près des besoins spécifiques de chaque parcelle, dans le respect de leur identité.

Pour demain, nous nourrissons le souhait de cultiver un potager ainsi qu’un jardin dédié aux plantes biodynamiques.

La recherche d’autonomie guide nos actions sur le domaine.
La plantation d’acacias et de bois d’œuvre, lancée à l’hiver 2024 sur une dizaine d’hectares, s’inscrit dans cette logique. Ce projet, déployé sur 8 à 10 ans, vise à produire nos propres piquets de vigne d’ici 2040, tout en offrant des zones d’ombre et de pâturage aux moutons.
Parallèlement, nous travaillons à la construction d’un hangar équipé de panneaux solaires et d’un système de récupération des eaux de pluie. Ce bâtiment, attendu pour 2026, devrait offrir une autonomie complète en eau et en électricité au domaine.

Aujourd’hui, nous sommes fiers du travail effectué, s’imprégnant du passé, pour s’en affranchir parfois, avancer vers demain, transmettre les valeurs qui nous sont chères, respecter et préserver nos terroirs, notre métier et notre histoire.

Avez-vous l’âge légal pour consommer de l’alcool dans votre pays de résidence ?